







Imposant, mélancolique et doté du nez le plus fin du règne animal, le Saint-Hubert est une race hors du commun. Chien de recherche par excellence, ses qualités olfactives sont si légendaires que ses résultats de pistage sont admis comme preuves dans les tribunaux de certains pays. Sous ses grandes oreilles pendantes, ses plis cutanés expressifs et son regard de basset philosophe se cache un athlète d'endurance redoutable, capable de suivre une piste vieille de plusieurs jours sur des dizaines de kilomètres. Ses besoins nutritionnels sont à la hauteur de cette physiologie extraordinaire. Choisir des croquettes adaptées à sa race permet de mieux répondre à son profil de grand chien courant, à sa morphologie massive et aux sensibilités qui lui sont propres.
Le Saint-Hubert est l'une des races les plus anciennes et les plus documentées de l'histoire cynologique, dont les origines remontent aux monastères médiévaux de Belgique.
La race doit son nom à l'abbaye de Saint-Hubert, située dans les Ardennes belges, où des moines bénédictins développèrent et perfectionnèrent une lignée de chiens courants à partir du VIIe siècle. Saint Hubert, patron des chasseurs, était lui-même un chasseur passionné avant sa conversion. Les moines de son abbaye perpétuèrent la tradition en sélectionnant avec soin des chiens au flair exceptionnel, capables de suivre des pistes à travers les forêts ardennaises denses. Ces chiens étaient considérés comme des présents dignes des rois, et les abbés en offraient régulièrement au roi de France, renforçant ainsi la réputation royale de la race.
Lorsque Guillaume le Conquérant envahit l'Angleterre en 1066, des chiens de type Saint-Hubert firent partie des chiens amenés depuis le continent. En Angleterre, la race fut développée et affinée sous le nom de Bloodhound, terme qui ne fait pas référence au sang mais à la pureté du sang, c'est-à-dire à la noblesse des origines. Saint-Hubert et Bloodhound désignent aujourd'hui la même race reconnue par la FCI, avec la Belgique comme pays d'origine officiel. La France, héritière directe de la tradition médiévale ardennaise, a longtemps utilisé la dénomination Saint-Hubert.
Le Saint-Hubert détient un record unique dans le monde canin : ses résultats de pistage peuvent être présentés comme preuves devant les tribunaux américains depuis le XIXe siècle. Cette reconnaissance légale témoigne de la fiabilité extraordinaire de son nez, capable de suivre une piste humaine vieille de plus de deux semaines et de distinguer des traces parmi des milliers d'autres. Des études scientifiques ont estimé que le Saint-Hubert possède entre 230 et 300 millions de cellules olfactives, contre environ 5 millions chez l'être humain. Cette capacité olfactive unique est le résultat de siècles de sélection rigoureuse et la caractéristique la plus remarquable de la race.
Le Saint-Hubert est un chien doux, affectueux et patient avec les enfants. Sa nature placide en intérieur contraste avec son obstination absolue dès qu'une piste intéressante capte son attention. Lorsqu'il travaille, rien ne peut le distraire. Ce tempérament particulier, entre compagnon débonnaire et chasseur monomaniaque, doit être intégré dans la gestion de son alimentation. Son appétit est souvent aussi tenace que son instinct de pistage, et sa tendance à ingérer des substances inappropriées lors de ses explorations olfactives est un point de vigilance supplémentaire pour les propriétaires.
Le Saint-Hubert est l'une des plus grandes races de chiens courants, avec un poids variant entre 36 et 50 kilogrammes à l'âge adulte. Son niveau d'activité peut être très élevé lors des journées de pistage, où il peut parcourir des dizaines de kilomètres à un rythme soutenu pendant des heures. En dehors de ces journées de travail intense, son niveau d'activité au quotidien est plus modéré. Cette alternance entre efforts extrêmes et repos relatif impose un ajustement saisonnier et contextuel de sa ration. Son alimentation doit couvrir ses besoins énergétiques lors des journées d'effort intense tout en évitant un excès de réserves graisseuses qui alourdirait une ossature déjà imposante. Le maintien de la silhouette est un objectif central pour préserver des articulations qui supportent un poids considérable.
Le taux de protéine animale est le pilier central de l'alimentation du Saint-Hubert. Les protéines animales soutiennent la masse musculaire considérable de cette grande race, participent à la récupération après les longues journées de pistage et contribuent au bon fonctionnement du système immunitaire. Pour un chien qui peut couvrir des dizaines de kilomètres en une journée, l'apport en acides aminés essentiels est directement lié à sa capacité de récupération et à sa condition physique sur le long terme. Il est essentiel de ne pas se contenter du taux de protéines global affiché sur l'emballage mais de s'assurer que ces protéines proviennent de sources animales clairement identifiées dans la composition.
Les lipides jouent un rôle stratégique dans la ration du Saint-Hubert pour deux raisons complémentaires. Premièrement, ils constituent un carburant de longue durée particulièrement adapté aux efforts d'endurance prolongés que pratique ce chien lors des journées de pistage. Deuxièmement, ils participent directement à la santé de la peau. Le Saint-Hubert possède une peau particulièrement lâche, avec de nombreux plis sur le visage, le cou et les membres. Ces plis créent des zones de macération où la santé cutanée est particulièrement sollicitée. Un bon équilibre en acides gras essentiels contribue à maintenir une peau résistante et bien nourrie, limitant les irritations dans les zones de plis.
Les glucides ont leur place dans l'alimentation du Saint-Hubert à condition d'être bien dosés et de ne jamais supplanter les protéines animales. Ils apportent une énergie rapide particulièrement utile lors des efforts intenses. Les fibres soutiennent l'équilibre du microbiote intestinal et favorisent un transit régulier. Pour un chien dont les journées de pistage peuvent mettre le système digestif à rude épreuve, un microbiote bien équilibré contribue à une meilleure assimilation des nutriments et à un confort digestif durable.
La dilatation torsion de l'estomac est la sensibilité la plus grave et la plus urgente pour le Saint-Hubert. En tant que grande race à poitrine très profonde, il figure parmi les races les plus exposées à cette urgence vétérinaire potentiellement mortelle. Son appétit souvent vorace et sa tendance à manger rapidement aggravent ce risque. Fractionner impérativement les repas en deux prises quotidiennes, attendre au moins deux heures après le repas avant toute activité physique intense, limiter la vitesse d'ingestion avec une gamelle anti-glouton et éviter de nourrir abondamment avant une journée de pistage sont des habitudes absolument indispensables pour cette race.
Les nombreux plis cutanés du Saint-Hubert, notamment autour du museau, du cou et des membres, créent des zones de macération où chaleur et humidité s'accumulent. Ces plis peuvent rapidement devenir le siège d'inflammations, d'infections bactériennes ou fongiques si l'hygiène n'est pas rigoureuse. Sur le plan nutritionnel, un apport bien calibré en acides gras essentiels contribue à maintenir une peau résistante et une barrière cutanée efficace. Des réactions cutanées chroniques peuvent parfois trouver leur origine dans des intolérances alimentaires. Les recettes sans gluten de blé peuvent représenter une option pertinente pour les individus les plus sensibles.
Les oreilles du Saint-Hubert sont les plus longues de toutes les races de chiens courants. Elles tombent très bas, parfois jusqu'au niveau du museau, et traînent littéralement sur le sol lors de la progression olfactive. Cette morphologie extrême crée des conditions idéales pour le développement d'otites chroniques : humidité retenue, absence totale de ventilation du conduit auditif et contact permanent avec les débris du sol. Le nettoyage régulier et soigneux des oreilles est absolument indispensable, particulièrement après chaque journée de pistage en terrain naturel. Un apport bien calibré en acides gras essentiels peut contribuer à soutenir les défenses naturelles de la peau auriculaire.
Le Saint-Hubert est une race massive dont le poids considérable exerce une pression significative sur les articulations. La dysplasie de la hanche et du coude peut être observée dans la race. Le maintien d'un poids de forme sain est la mesure préventive la plus efficace pour préserver la santé articulaire sur le long terme. Chaque kilogramme superflu représente une charge supplémentaire significative pour des articulations qui supportent déjà un poids important. Une alimentation bien équilibrée contribue au bon fonctionnement général de l'organisme et peut aider à accompagner la santé articulaire.
En dehors des sensibilités déjà mentionnées, le Saint-Hubert peut présenter des troubles oculaires liés à la morphologie de ses paupières lâches, notamment l'entropion et l'ectropion. Des problèmes cardiaques peuvent être observés chez les individus plus âgés. Des calculs urinaires peuvent apparaître dans certaines lignées. Un suivi vétérinaire régulier est essentiel pour détecter précocement d'éventuelles affections et adapter l'alimentation si nécessaire. La taille imposante de la race rend tout problème de santé potentiellement plus difficile à gérer et justifie une approche préventive rigoureuse.
Pour le Saint-Hubert, la composition d'une croquette doit être lue avec attention. La première source de protéines doit être d'origine animale et clairement identifiée. Des mentions précises comme "poulet déshydraté", "bœuf" ou "saumon" inspirent davantage confiance que des formulations vagues. Le taux de protéine animale reste l'indicateur central. Il doit être suffisant pour soutenir la masse musculaire considérable et la vitalité d'un chien aussi actif lors des journées de pistage. Les recettes sans gluten de blé peuvent constituer une option pertinente pour les individus présentant des sensibilités cutanées ou digestives.
Pour une grande race comme le Saint-Hubert, la taille des croquettes doit être adaptée à sa mâchoire puissante. Des croquettes de grande taille et de texture ferme incitent à mâcher correctement et ralentissent l'ingestion. Ce dernier point est particulièrement important pour une race exposée au risque de dilatation torsion. Une gamelle anti-glouton est fortement recommandée pour les individus qui mangent très rapidement, afin de limiter l'ingestion d'air et de réduire le risque de complications digestives.
La densité énergétique des croquettes doit être ajustée au niveau d'activité réel du Saint-Hubert et adaptée selon les périodes de pistage intense et les périodes de repos. En période de travail actif, les rations peuvent être augmentées pour couvrir les dépenses considérables. Hors des périodes d'activité intense, une ration plus modérée évite une prise de poids qui aggraverait les contraintes articulaires et le risque de dilatation torsion. Observer régulièrement la silhouette de son chien, en s'assurant que les côtes sont palpables sous la peau lâche, reste le meilleur indicateur d'une ration bien calibrée.
Un aliment bien digestible est particulièrement précieux pour le Saint-Hubert dont le système digestif peut être mis à rude épreuve par les journées de pistage intense. Un aliment bien assimilé permet une meilleure récupération, soutient l'équilibre du microbiote intestinal et réduit le risque de fermentations excessives pouvant contribuer aux troubles digestifs. La digestibilité se traduit concrètement par des selles régulières et bien formées et par un chien à l'aise après ses repas.
La croissance du chiot Saint-Hubert est une phase particulièrement délicate qui demande une alimentation très précise. Les grandes races grandissent rapidement et leur ossature imposante doit être soutenue par des apports bien calibrés en calcium et en phosphore. Un excès comme une carence peuvent engendrer des anomalies du développement osseux aux conséquences durables sur une race dont l'ossature devra supporter un poids très important à l'âge adulte. L'objectif n'est jamais de faire grossir plus vite mais de soutenir une croissance harmonieuse au bon rythme. Des croquettes spécifiquement formulées pour les chiots de grande race sont indispensables. La vigilance sur le poids commence dès le plus jeune âge : un chiot en surpoids impose une pression excessive sur des articulations et une ossature encore en formation. Le DHA, un acide gras oméga-3, joue un rôle essentiel dans le développement du chiot. Il contribue au soutien des fonctions cognitives, au développement cérébral et à une bonne acuité sensorielle, particulièrement précieuse pour un futur chien de pistage dont le nez sera le premier outil de travail. Fractionner les repas en trois prises quotidiennes durant la croissance améliore le confort digestif et réduit les risques liés à une ingestion trop rapide d'un volume important.
À l'âge adulte, l'alimentation du Saint-Hubert doit s'adapter au rythme des journées de pistage et des périodes de repos. En période d'activité intense, les rations doivent être augmentées pour couvrir les dépenses énergétiques considérables. Hors de ces périodes, elles doivent être réduites pour éviter une prise de poids progressive. Deux repas par jour, impérativement bien espacés des moments d'activité physique intense, constituent le rythme le plus adapté. Le repas principal sera idéalement donné le soir au retour d'une journée de pistage, lorsque le chien est au calme et en mesure de bien digérer.
Avec l'âge, le métabolisme du Saint-Hubert ralentit et son niveau d'activité diminue. Son poids considérable rend la gestion du surpoids encore plus critique à cet âge, car chaque kilogramme superflu aggrave des articulations déjà sollicitées par des années de travail intensif. Il convient d'ajuster les apports énergétiques à la baisse tout en maintenant un apport suffisant en protéines animales pour préserver la masse musculaire. La digestibilité des croquettes devient un critère central. Une attention particulière peut être portée au soutien des fonctions cognitives pour accompagner le vieillissement cérébral. La surveillance des troubles articulaires, cardiaques et rénaux par un suivi vétérinaire régulier est particulièrement importante à cet âge.
La dilatation torsion de l'estomac est une urgence vétérinaire grave à laquelle le Saint-Hubert est particulièrement exposé en raison de sa grande taille, de sa poitrine très profonde et de sa tendance à manger vite. Cette urgence peut être mortelle en quelques heures si elle n'est pas prise en charge rapidement. Fractionner impérativement les repas, utiliser une gamelle anti-glouton, respecter un délai de deux heures entre le repas et l'effort physique et ne jamais nourrir abondamment avant une journée de travail sont des habitudes non négociables pour cette race.
Un estomac plein est un facteur de risque direct pour la dilatation torsion et nuit aux performances olfactives et physiques lors du pistage. Un repas léger ou même pas de repas du tout le matin d'une journée de pistage intense, suivi d'un repas principal copieux le soir au retour et au calme, est l'organisation la plus adaptée à la physiologie de ce chien courant.
Le poids du Saint-Hubert est l'un des facteurs de risque articulaire les plus directs et les plus modifiables. Un chien de 45 kilogrammes en léger surpoids porte proportionnellement bien plus de kilos superflus que ne le laisserait croire un simple surpoids de quelques kilogrammes. La gestion rigoureuse du poids, depuis le chiot jusqu'au senior, est l'une des décisions nutritionnelles les plus importantes pour la qualité de vie à long terme de cette grande race.
Le microbiote intestinal du Saint-Hubert a besoin de temps pour s'adapter à une nouvelle alimentation. Un changement brusque de croquettes peut provoquer des troubles digestifs passagers particulièrement gênants pour une race exposée aux complications digestives. Une transition progressive sur sept à dix jours, en mélangeant par paliers les anciennes et les nouvelles croquettes, permet au système digestif de s'ajuster sereinement.
Vous êtes l'observateur le plus attentif de votre Saint-Hubert au quotidien. Tout signe de gêne abdominale, de ballonnement ou d'agitation après le repas doit être pris très au sérieux et peut nécessiter une consultation vétérinaire urgente. Une prise de poids progressive, des irritations récurrentes dans les plis cutanés, des otites fréquentes ou une énergie en retrait sont également des signaux que l'alimentation ou la santé méritent d'être examinées. Votre vétérinaire reste le partenaire indispensable pour accompagner la gestion nutritionnelle et médicale de cette race exceptionnelle.
Nourrir un Saint-Hubert, c'est prendre soin d'un chien d'exception dont le flair légendaire et la masse imposante imposent une rigueur nutritionnelle proportionnelle à ses capacités. La qualité des protéines animales pour soutenir un athlète d'endurance de grande taille, la vigilance absolue sur le risque de dilatation torsion, la gestion attentive des plis cutanés et des oreilles si caractéristiques, et l'ajustement saisonnier des rations entre journées de pistage intense et périodes de repos : chaque choix compte pour ce chien rare et fascinant. Chez Japhy, nous pensons qu'un chien bien nourri est un chien heureux. Et il n'y a rien de plus impressionnant que de voir ce géant aux oreilles traînantes suivre une piste invisible avec une concentration et une ténacité absolues, pleinement dans son élément et épanoui à chaque instant de sa vie.
Vétérinaire depuis 30 ans, je constate que le Saluki est un chien fin et athlétique avec des besoins particuliers. Mon conseil ? Optez pour une alimentation riche en protéines animales adaptée à sa morphologie.

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