
Parmi toutes les races de chien, le lévrier russe, plus connu sous le nom de barzoï, frappe d'abord par sa silhouette. Ce grand chasseur au poil soyeux a longtemps été le compagnon de la noblesse russe. Derrière son allure aristocratique se cache un compagnon calme, délicat et très lié à sa famille. Cette fiche vous donne des repères sur ses origines, son caractère, son éducation, sa santé, son alimentation, ses soins et son budget ; elle informe et ne remplace pas une consultation vétérinaire.
Ce qu'il faut retenir
Le nom barzoï vient du russe « borzoï », qui signifie rapide. Son nom complet, Russkaya Psovaya Borzaya, désigne le lévrier de chasse russe à poil long. Selon la FCI, la race remonte à la période mongole, lorsque les lévriers d'origine arabe des Tatares (les Koutsis) ont été croisés avec le Loshaya, un molosse russe très fort capable de prendre un cerf.
Des barzoïs figurent déjà dans le livre de prière du grand-prince Vassili III, père d'Ivan le Terrible. Aux XVIe et XVIIe siècles, du sang de lévrier polonais (Chart Polski) apporte plus de noblesse à la race. La première description d'un « lévrier à poil dense » date du XVIIe siècle (1635), sous la plume de Christian von Lessing.
Au XVIIIe siècle, la chasse à courre vit son âge d'or en Russie. Les meutes pouvaient réunir plusieurs centaines de chiens : les chiens courants rabattaient le gibier vers les barzoïs, lâchés par deux ou trois dès la vue du lièvre, du renard ou du loup. Chaque famille noble élevait ses propres lignées, et le domaine de Perchino, créé par le grand-duc Nicolaï Nicolaïevitch, reste le plus célèbre de cette époque.
L'abolition du servage en 1861 porte un premier coup au barzoï : les grands équipages de chasse deviennent trop coûteux pour les propriétaires russes. Les amateurs réagissent, organisent un premier congrès en 1874, puis fixent en 1888 la toute première description officielle de la race, reconnu par la Société de chasse de Moscou.
La révolution de 1917 a presque fait disparaître le barzoï de son pays d'origine, car il était associé à l'aristocratie. Les chiens exportés auparavant en Angleterre, en France et aux États-Unis ont permis de sauver la race. Dans l'entre-deux-guerres, le barzoï devient l'emblème de l'élégance Art déco, jusque sur les affiches du Moulin Rouge.
La Fédération Cynologique Internationale a reconnu le barzoï à titre définitif le 13 janvier 1956. Il est classé dans le groupe 10 des lévriers, section 1 (lévriers à poil long ou frangé), sous le numéro 193, dans une version révisée en 2019.
Aujourd'hui, hors des pays où cette chasse reste autorisée, le barzoï est surtout un chien de compagnie. Il fréquente aussi les cynodromes et les terrains de coursing, où il exprime son instinct en toute sécurité, partout dans le monde.
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Le texte de la FCI décrit un sujet d'aspect aristocratique, de grande taille, sec et robuste, plutôt haut sur pattes et de construction très légèrement allongée. Les femelles sont un peu plus longues que les mâles. L'ossature du barzoï est forte sans être massive, et ses membres sont secs et musclés.
La FCI fixe la taille au garrot mais pas le poids. Les fourchettes de poids ci-dessous proviennent de plusieurs fiches consacrées aux races de chiens :
| Critère | Mâle | Femelle |
|---|---|---|
| Taille au garrot | 75 à 85 cm | 68 à 78 cm |
| Poids adulte | 34 à 47 kg | 27 à 39 kg |
| Poil | Soyeux, ondulé ou bouclé | Identique |
| Espérance de vie | 10 à 12 ans | 10 à 12 ans, parfois plus |
Chez le mâle, la hauteur au garrot égale ou dépasse d'un ou deux cm celle de la croupe ; chez la femelle, les deux sont égales. La poitrine, profonde, descend presque jusqu'aux coudes, et le ventre remonte nettement vers les flancs. Ce profil type pèse sur certains points que nous verrons plus bas.
La tête du barzoï est aristocratique, étroite et longue, si sèche que les veines transparaissent sous la peau. Le stop est à peine visible, et le museau, sec et bien rempli, est légèrement plus long que le crâne. La truffe, grande, reste toujours noire, quelle que soit la robe.
Les yeux sont grands, en amande, de teinte brune à brun foncé. Les oreilles sont petites, fines, mobiles et pointues ; au repos, elles sont couchées vers l'arrière. Quand le barzoï est aux aguets, elles se relèvent, parfois jusqu'à se dresser en « oreilles de cheval ». La queue, en forme de faucille ou de sabre, porte un beau panache.
Le poil est souple, soyeux et léger, ondulé ou formé de grandes boucles. Il reste très ras sur la tête, les oreilles et l'intérieur des pattes, et s'allonge sur le dos et le cou, où il forme une collerette. Les franges garnissent la poitrine, le ventre et les cuisses.
Toutes les combinaisons de couleurs allant du blanc au noir sont admises : blanc, fauve, rouge, gris, bringé, en robe unie, pie ou marquée de feu. La FCI exclut en revanche le marron, le bleu et l'isabelle (lilas). Une robe diluée bleu pâle ou lilas associée à une truffe non noire est aussi exclue.
La FCI décrit un barzoï au caractère tranquille, dont l'attitude envers les gens varie « entre l'indifférence et la bienveillance ». À la maison, le barzoï est calme, discret et apprécie le confort. Dehors, il peut se transformer dès qu'il repère un gibier : ce trait fait partie de la race.
Très lié à son maître, le barzoï se montre doux et affectueux avec ceux qui ont gagné sa confiance, sans être servile. Il reste réservé avec les inconnus, ce qui en fait un veilleur discret plutôt qu'un gardien. Un sujet agressif ou peureux n'est d'ailleurs pas admis en exposition.
Intelligent, il réfléchit avant d'obéir et peut se montrer têtu. La solitude prolongée et la vie en chenil lui pèsent : cet animal sensible a besoin de vivre près des siens. C'est la raison pour laquelle il convient particulièrement aux foyers présents.
Le barzoï tolère les enfants calmes, mais l'agitation le pousse souvent à s'éloigner. Apprenez aux plus petits à respecter son repos et ne les laissez jamais seuls avec lui. Pour préparer l'arrivée d'un bébé, nos conseils sur le chien et le nouveau-né vous aideront.
Avec les autres chiens, le barzoï est en général sociable. Un petit animal qui détale, comme le chat du voisin, peut en revanche réveiller son instinct de poursuite : une présentation précoce aide beaucoup. Consultez nos repères sur la cohabitation entre chien et chat.
Un barzoï stressé mange souvent moins bien. Servez ses repas dans un coin calme, loin des passages et des autres animaux, et toujours aux mêmes heures. Cette routine rassure ce lévrier délicat et favorise une prise alimentaire régulière.
L'éducation du barzoï demande de la patience et de la finesse. Commencez jeune, dès l'arrivée du chiot, avec des séances brèves et ludiques. La socialisation précoce avec des personnes, des bruits et des lieux variés l'aide à devenir un adulte sociable.
Très réceptif au ton de la voix, le barzoï ne supporte aucune brutalité. Les méthodes d'éducation positive (récompenses, voix calme, séances brèves) lui conviennent bien mieux que la contrainte. Si vous adoptez un adulte, nos conseils pour éduquer un chien adulte restent utiles.
Un barzoï lancé à pleine vitesse s'éloigne en quelques secondes. Le rappel s'apprend dès le plus jeune âge et se travaille toute sa vie, d'abord en espace clos, puis avec une longe. Avant de le promener sans laisse, assurez-vous que le terrain est sécurisé.
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Son instinct peut aussi le pousser à suivre tout ce qui bouge vite, vélos compris. Si votre barzoï s'intéresse de trop près aux coureurs, lisez nos conseils quand un animal court après les joggeurs.
Taillé pour la vitesse, ce barzoï très rapide peut atteindre entre 55 et 64 km/h en pointe selon les sources. Il a besoin de deux sorties quotidiennes d'au moins 45 minutes et, 1 à 2 fois par semaine, d'un terrain clos pour courir librement. Le coursing (course sur leurre) et les jeux d'extérieur canalisent son énergie.
Chez le jeune, l'exercice doit être modulé jusqu'à l'âge d'environ 12 mois : évitez les efforts intenses et les sauts répétés pendant la croissance, qui sollicitent des articulations encore fragiles. Un jardin bien clôturé lui offre de meilleures conditions qu'un petit appartement.
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Bien élevé et bien suivi, le barzoï est plutôt robuste. Son espérance de vie se situe en général entre 10 et 12 ans, les femelles vivant souvent un peu plus longtemps. Il présente toutefois quelques prédispositions à connaître, que seul votre praticien peut évaluer.
Sa poitrine profonde l'expose au syndrome de dilatation et torsion de l'estomac. L'estomac se remplit de gaz, puis peut tourner sur lui-même : c'est une urgence absolue. Un ventre gonflé, des efforts pour vomir sans résultat, une agitation ou une salivation soudaines imposent de partir aussitôt en clinique.
Quelques habitudes limitent les facteurs de risque connus :
S'il avale trop vite, apprenez-lui à manger lentement avec une gamelle adaptée.
Le barzoï peut être touché par des affections oculaires héréditaires, dont une rétinopathie propre à la race et l'atrophie rétinienne progressive. La dysplasie de la hanche est aussi décrite : une boiterie après l'effort doit être examiné (voir notre guide du chien qui boite). Les éleveurs sérieux dépistent leurs reproducteurs.
Comme ses cousins, il présente une sensibilité particulière à certains anesthésiques, liée à sa très faible masse grasse. Signalez toujours sa race avant une intervention, même un détartrage. Face aux signes d'un chien malade, consultez sans attendre.
Servez la gamelle au calme, en deux repas espacés, et gardez au moins une heure de repos avant et après chaque sortie sportive. Tout changement de ration lié à un souci médical se décide en consultation, jamais seul.
Ce coureur au corps sec a besoin de protéines animales de qualité pour entretenir sa masse musculaire, et d'une ration ajustée à son activité réelle. La FEDIAF retient environ 110 kcal par kilo de poids métabolique pour un adulte à l'entretien, et 95 kcal pour un sujet peu actif.
Avec un aliment sec de bonne qualité à 380 kcal pour 100 g, ces valeurs donnent les repères suivants, à ajuster selon l'état de votre barzoï :
| Poids | Peu actif | Actif | Nombre de repas |
|---|---|---|---|
| 30 kg | 320 g | 370 g | 2 |
| 35 kg | 360 g | 415 g | 2 |
| 40 kg | 400 g | 460 g | 2 |
| 45 kg | 435 g | 505 g | 2 |
Notre guide sur la quantité de croquettes à donner détaille ce calcul. Pour aller plus loin sur la composition, découvrez nos croquettes adaptées au lévrier russe.
Chez un barzoï en bonne santé, les côtes se sentent facilement sous les doigts et la taille est bien marquée : c'est normal pour sa silhouette. Pesez-le une fois par mois ; une variation de deux kilos mérite d'ajuster la ration avec votre vétérinaire.
Le chiot barzoï grandit longtemps : il atteint l'âge adulte vers 15 mois. Une formule pour chiot de grande race, servie en trois repas jusqu'à 6 mois environ, accompagne une croissance lente et un développement harmonieux. Évitez tout complément en calcium non prescrit : l'excès est aussi risqué que la carence.
Ensuite, deux repas par jour suffisent, avec des croquettes pour chien adulte bien dosées pour garder un bon équilibre. À partir de 7 à 8 ans, son activité baisse : une formule senior plus digeste aide à garder un poids de forme. Si votre barzoï s'affine sans raison, notre article sur le chien maigre donne des repères avant de consulter.
Le barzoï peut avoir un estomac délicat face aux changements brusques. Tout nouvel aliment s'introduit sur 7 à 10 jours, pour préserver l'équilibre digestif :
Suivez nos conseils pour réussir la transition alimentaire, et consultez si des selles molles ou des vomissements persistent.
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Malgré son manteau, le barzoï demande des soins raisonnables. Son poil se salit peu et se nettoie presque tout seul. Il faut toutefois démêler régulièrement les zones de frottement : derrière les oreilles, sous les aisselles, sur la culotte et la queue.
Un brossage deux à trois fois par semaine, avec un peigne à dents larges puis une brosse douce, suffit la plupart du temps. Pendant la mue annuelle, la perte de poils est importante : passez alors à un brossage quotidien. Nos repères sur la mue du chien vous aident à gérer ces poils morts.
Un bain de temps en temps suffit. Contrôlez aussi les griffes, les dents (sa mâchoire fine accumule vite le tartre) et les coussinets après chaque sortie en pleine nature.
Un pelage terne ou cassant peut refléter une ration pauvre en acides gras. Une formule enrichie en oméga-3 peut contribuer à la beauté des poils ; demandez conseil en clinique si le problème dure.
Sélectionné pour les hivers de Russie, le barzoï supporte bien le froid. Il craint en revanche les fortes chaleurs : en été, sortez-le aux heures fraîches, proposez de l'eau fraîche en permanence et évitez tout effort au soleil.
Chez vous, prévoyez un couchage épais et moelleux : sa faible masse grasse rend les sols durs inconfortables. Un foyer serein, sans agitation permanente, lui convient le mieux.
Le prix d'un chiot barzoï se situe en général entre 800 et 1 300 €, parfois davantage pour certaines lignées. Il dépend de l'élevage, de la lignée et de l'inscription au LOF (Livre des origines français). Des adultes sont aussi proposés à l'adoption par des associations de lévriers, pour un coût plus modeste.
| Poste | Repère indicatif |
|---|---|
| Achat d'un chiot LOF | 800 à 1 300 € |
| Budget mensuel (alimentation, soins, accessoires) | 80 à 120 € |
| Budget annuel selon les sources | 1 000 à 1 900 € |
Avant l'achat, demandez l'attestation de cession, le certificat vétérinaire, l'identification (puce) et le certificat de naissance LOF. Visitez l'élevage, rencontrez la mère et interrogez l'éleveur sur les dépistages. Nos guides pour choisir votre compagnon et préparer l'arrivée d'un chiot vous accompagnent.
Vous hésitez avec d'autres races de lévriers ? Comparez avec le Greyhound, le Saluki ou le Lévrier irlandais, trois grands sprinteurs aux besoins proches du barzoï.
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Venu des steppes et devenu compagnon d'intérieur, le barzoï est un athlète élégant, calme et sensible. Il s'épanouit auprès d'un maître doux, disponible et doté d'un espace clos pour courir. Pour toute question de santé ou d'alimentation, l'avis de votre vétérinaire reste la référence.
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Selon le standard FCI, le mâle mesure 75 à 85 cm au garrot et la femelle 68 à 78 cm. Son poids se situe en général entre 34 et 47 kg pour le mâle et entre 27 et 39 kg pour la femelle.
Calme et affectueux avec les siens, il reste réservé avec les inconnus et apprécie peu l'agitation des jeunes enfants. Son instinct de poursuite impose un rappel travaillé et une socialisation précoce avec les autres animaux.
Il est très calme à l'intérieur, mais il a besoin de deux longues sorties par jour et de galops réguliers en terrain clos. Une maison avec un jardin bien clôturé lui convient mieux.
Un adulte de 40 kg mange environ 400 à 460 g d'aliment sec à 380 kcal pour 100 g par jour, en deux repas. Ajustez selon son état, son activité et l'avis de votre vétérinaire.
Le prix d'un chiot se situe généralement entre 800 et 1 300 €, selon l'élevage et la lignée. Prévoyez ensuite environ 80 à 120 € par mois pour l'alimentation, les soins et les accessoires.


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